DSI augmentée : comment l’IA agentique redéfinit les rôles IT et le modèle opérationnel.
- 30 janv.
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Dernière mise à jour : 29 mars

L'IA agentique ouvre beaucoup de possibilités et la technologie évolue très vite. Ce que l'on pense impossible aujourd'hui le sera demain. Même s'il subsiste encore de nombreuses incertitudes la vague IA agentique arrive. Il est de la responsabilité des décideurs IT d'anticiper ces changements, de surfer cette vague et de ne pas rester en sidération face à elle au risque de se faire submerger. J'ai entamé pour cela une réflexion sur l'impact de l'IA agentique sur les rôles dans une DSI mais également sur son modèle opérationnel. "Accrochez vos ceintures ça va secouer".

Le premier effet est l'effondrement de la taille des équipes qui passera de 8 à 2 personnes car le pattern de travail change. On passe d'une exécution manuelle à une orchestration à très grande vitesse. Cela permet de dégager des gains de performances qui serviront à financer l'IA et à financer le change humain. Le reste des gains pourra selon le contexte de chaque entreprise servir à produire plus avec moins ou bien se traduire en économies.

Faisons l'analogie avec une équipe dans le domaine de la construction. Celle ci est constituée d'un architecte qui coordonne sept artisants spécialisés. Demain cette équipe sera constituée de deux architectes orchestrant une équipe de robots autonomes et réceptionnant les travaux en fin de process. L'effort "musculaire" sera effectué par la machine.

Dans le domaine informatique le rôle du développeur va évoluer pour passer de la production de code à la conception et la validation du travail réalisé par les agents IA.
Le développeur remonte ainsi dans la chaine de valeur (design / contrôle) ce qui suppose une certaine séniorité. "L'IA, c'est la revanche des séniors !"

Les activités du développeurs changent.
il passe du 'comment' ou 'quoi'. Il se focalise sur le besoin, le produit, l'architecture, décompose des taches complexes en taches simples pour les agents IA.
il passe d'une utilisation simple de l'IA agentique à la création de chaines de raisonnement et au management d'agents IA pour les faire progresser.
il passe de l'écriture du code à la lecture critique du code produit par les agents IA

Pour cela le développeur doit évoluer dans ses soft skills
il doit lâcher prise, accepter de déléguer l'écriture du code, de faire cette délégation à la machine et accepter que le code soit de moins bonne qualité que ce qu'il aurait produit.
il doit développer un esprit critique face à cette menteuse confiante qu'est l'IA agentique.
il doit s'intéresser et comprendre les besoins métier. Le développeur focalisé uniquement sur le code ne survivra pas.

Les risques de cette évolution sont
l'atrophie des compétences de développement à force de ne plus coder et donc de la capacité pour le développeur de contrôler le code produit par la machine.
le piège de la vérification paresseuse donc de baisser sa garde face à l'IA et de passer à côté de faille de sécurité pointue ou de bug fonctionnels complexes.
L'amplification de la dette technique si les agents IA ne sont pas suffisamment cadrés dans la phase de création du code.
le défi de la formation des juniors qui n'auront pas la séniorité pour opérer efficacement une chaine agentique.

Au delà du rôle de développeur, les rôles de PO et scrum master vont être impactés
le PO verra une grande partie de ses tâches actuelles automatisées : découpage de features en US, priorisation, intégration dans jira, ... par contre il aura la possibilité de produire des livrables (des maquettes avec du vibe coding) et de réaliser des validations fonctionnelles du code.
Le PO et le développeur vont se rapprocher dans un rôle de Product-Architecte
Le rôle de scrum master n'aura plus d'intérêt dans cette configuration d'équipe compte tenu du peu d'interaction à gérer.

Passons maintenant à l'impact sur le modèle opérationnel des DSI agiles.
Si les US sont produites à la vitesse de l'éclair, en quelques heures plutôt qu'en plusieurs jours par des humains, la notion de sprint agile n'a plus lieu d'être et serait même contre productif car ralentirait toute la chaine de production.

On passe d'un rythme de production time boxé avec les sprints, à un flux continu de création de valeur. Dès qu'une US est ready elle est produite par les agents IA.
On passe du modèle du 'bus' qui part à heure fixe qu'il soit plein ou vide, au modèle du 'taxi' qui est appelé en fonction du besoin.

On met donc en évidence une IT à deux vitesses qui doivent cohabiter dans le cycle de développement logicielle, celle du temps humain qui est lent et celle du temps machine qui est très rapide.
Le temps humain en amont du process pour concevoir doit être anticipé pour ne pas ralentir la chaine de production.
La phase de validation en aval du process ne doit pas devenir un goulet d'étrangement. Il sera impossible pour l'humain de contrôler le volume de code produit par la machine sans ralentir le process. Pour cela la definition of done devra être codée pour contrôler automatiquement les cadres suivants :
cadre de référence d'architecture
cadre de référence de développement
cadre de référence de sécurité
cadre de référence de conformité

Le poker planning va disparaitre ou se réinventer car il ne sera plus nécessaire d'évaluer la complexité de développement d'une US mais plutôt sa difficulté à être validée.

Concernant les framework d'agilité à l'échelle comme SAFe, ils seront disruptés car inadaptés à ce nouveau modèle opérationnel ultra agile.
Le train lourd et lent seront remplacés par des flottes de drones agiles et très rapides.

La structure SAFe sera profondément revue, les cérémonies comme les PI planning se focaliseront sur l'alignement des équipes sur la stratégie et l'architecture.




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